L’esclavage colonial a radicalement transformé la musique mondiale. La circulation forcée des populations africaines et leur contact avec les populations autochtones et européennes dans les colonies esclavagistes d’Amérique et de l’Océan Indien ont fait naître une multiplicité d’expressions musicales nouvelles. Par des processus de créolisation riches et complexes, elles ont associé de manière inédite et puissante les héritages de ces différentes populations. Dans les sociétés esclavagistes et post-esclavagistes, ce processus a aussi permis une expression forte et créative des personnes esclavisées et de leurs descendants. Outil de résistance culturelle au système esclavagiste, la musique est devenue un vecteur d’affirmation politique et artistique, en même temps qu’un instrument de réinvention du monde.